Battle Royale, la dystopie japonaise culte

Saison

6

Épisode

#288

Durée

43 min

 

Le podcast

Il n’en restera qu’un

C'est une œuvre qui a inspiré Hunger Games, Fortnite, PUBG: Battlegrounds, ainsi que Squid Game. Publié en 1999, le roman Battle Royale de Kōshun Takami est une œuvre majeure de la science-fiction japonaise.

Le pitch est radical. Les élèves d’une classe doivent s'entretuer impitoyablement dans un jeu pervers, à la gloire d'une société totalitaire. Ce roman, diffusé assez tardivement chez nous, a été popularisé grâce au film éponyme de Kinji Fukasaku sorti en 2000, avec Takeshi Kitano en antagoniste principal.

A la fois hors-norme et politique, ce Battle Royale a fortement marqué les esprits. Sa radicalité et son ultra violence y sont aussi beaucoup contribué. On profite de notre ciné-podcast pour revenir sur ce film culte.

 

Le film

Battle Royale de Kinji Fukasaku

Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano.

Il leur annonce qu'ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s'entretuer. Seul le dernier survivant pourra regagner son foyer.

Kitano leur présente deux nouveaux élèves très inquiétants. Des coups de feu retentissent alors pour convaincre les incrédules. Selon la loi de réforme de l'éducation pour le nouveau siècle, ce sacrifice permettra de former des adultes sains.

Abandonnés chacun à son sort avec de la nourriture et une arme, les adolescents disposent de trois jours pour s'entretuer.

 

Le trailer

 

L’essai

Soleil Rouge : une histoire du cinéma rebelle japonais de Stéphane du Mesnildot

Avant-gardiste, populaire, rebelle, provocateur… le cinéma japonais des années 70 a marqué un tournant. À l’image d’Hollywood ou de Cinecittà, une boîte de Pandore s’est ouverte à cette époque pour des films qui n’avaient plus peur de tout voir et d’afficher leur soif de liberté dans un monde en ébullition.

Tandis que l’Amérique voyait surgir le Nouvel Hollywood en réponse aux idéaux libertaires, le Japon entrait dans une nouvelle ère, loin des valeurs polies et des conventions qui bridaient une société ne tolérant pas qu’un clou ne dépasse.

C’est cette histoire que raconte Soleil Rouge, le premier livre consacré aux marginaux, aux déclassés, aux énervés, à toutes les dites “anomalies” qui ont peuplé ce cinéma qui, durant plus d’une décennie, des années 60 au début des années80, n’a cessé de se réinventer en bousculant les codes, les genres et les identités.

Film de sabre, d’espionnage, de yakuzas, de tireurs d’élite, de gangs féministes, de prisonnières vengeresses et de corps troublants sondant au plus loin les fantasmes d'un pays en plein bouleversements socio-économiques, cette révolution est le plus souvent passé par un cinéma commercial construit au plus près des désirs de son public.

Un cinéma du peuple, parfois malfamé et violent. Tantôt génial, brûlant, expérimental, libérateur, anarchiste et puis soudain conservateur ou patriotique. Un cinéma où les plus grands cinéastes de l’époque se côtoient pour un ultime tour de piste avant de se faire écraser par la boule à facettes d’un capitalisme d’où sortiront une galerie d’idoles, le regard perdu dans le vide.

 

L’invité

© Stéphane Du Mesnildot

Stéphane Du Mesnildot

Journaliste et critique, ex-membre des Cahiers du cinéma spécialisé dans les cinémas venus d’Asie, Stéphane Du Mesnildot est l’auteur de plusieurs ouvrages et essais sur le cinéma asiatique, en particulier sur le cinéma fantastique japonais.

Il a également été commissaire pour différentes expositions au Musée du Quai Branly.

 

Les ouvrages de l’invité

 
 

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