Nos recommandations des meilleures œuvres de science-fiction en 2026

 

Metal Hurlant : Lovecraft Vintage

Après avoir dépassé les 50 000 exemplaires avec notre spécial Lovecraft, Métal Hurlant revient dans l’univers du natif de Providence.

Nous republions de nombreuses vieilles histoires réalisées par des grands maîtres de la bande dessinée.

Alberto Breccia, Enki Bilal, Philippe Druillet, Moebius, Loisel, Yves Chaland, Jean-Michel Nicolet, Caza, Serge Clerc, Philippe Foerster, Nicole Claveloux : tous les anciens de Métal Hurlant, première génération, sont de la partie.

Côté rédactionnel (ma mission au sein du journal), nous vous proposons une belle diversité de sujets. Thomas Spok livre un guide de lecture lovecraftien, Laurent Folliot évoque sa mission Lovecraft pour La Pléiade.

L’immense illustrateur britannique Ian Miller sort de sa retraite pour un passionnant entretien. Nous avons aussi recueilli le témoignage du japonais Gou Tanabe pour une interview spéciale sur son travail aux éditions Ki-oon.

L'inénarrable Claude Ecken analyse le travail graphique de l’oublié Virgil Finlay, tandis qu’Alex Nikolavitch revient sur le pavé Druillet-Lovecraft.

Enfin, le journaliste Nicolas Denescheau publie une grande enquête pour raconter comment le jeu vidéo lovecraftien The Shrinking City a été réalisé en Ukraine sous les bombardements russes.

C’est l’un des meilleurs numéros de Métal Hurlant que j’ai pu diriger. Foncez !

Project Hail Mary

Project Hail Mary (Projet Dernière Chance en VF)  fait partie de ces films qui nous rappellent pourquoi nous aimons la SF au cinéma.

Quelque part entre Interstellar et E.T., avec un fond de Seul sur Mars. Ce qui n'est pas un hasard puisque c'est dû au même auteur, Andy Weir.

Un homme seul dans l'espace, amnésique, qui doit sauver le soleil. Et surtout une amitié avec une créature-araignée-rocher venue du fond de la galaxie, qui vole littéralement la vedette à Ryan Gosling.

Ce qui frappe, c'est que les réalisateurs Phil Lord et Chris Miller ont fait des choix d’artisans. Rocky n'est pas un personnage en CGI, c'est de la marionnette, du vrai travail de créateur de créatures. Et ça se sent à chaque plan !

Il y a une chaleur, une présence physique que l'animation pure n'aurait pas donnée. Greig Fraser à la photo (DuneThe Batman) fait le reste.

C'est un peu long, parfois trop gentil. Mais dans un paysage de blockbusters SF qui ressemblent de plus en plus à des démos technologiques, Project Hail Mary a quelque chose de rare : il vous touche vraiment et se concentre sur l’entre-aide.

Malgré des longueurs et des références un peu pataudes à 2001, l’Odyssée de l’Espace, ce long-métrage qu’on attendait pas spécialement transpire bien la science-fiction, avec une excellente Sarah Hüller, un peu à contre-emploi.

 

Métal Hurlant n°18 spécial Transhumanisme

Comme beaucoup le savent, j’ai l’immense chance d’être rédacteur en chef adjoint de la revue culte Métal Hurlant depuis 2023.

Ce nouveau numéro se concentre sur la thématique du transhumanisme. Vous y trouverez des histoires sympathiques et internationales comme celle du slovaque Branko Jelinek, du russe Nikola Pisarev ou encore de l’américain R.L. Black.

Évidemment, je suis obligé de vous parler de ma partie : le rédactionnel. L’interview de Paul Verhoeven, qui revient longuement sur Robocop, est passionnante !

Les amateurs d’électro trouveront une grande enquête sur le label Because Music qui s’occupe de promouvoir des groupes comme Justice.

On a interrogé le gourou de la Silicon Valley Nick Bostrom, surnommé « le pape du transhumanisme » ou « le transhumaniste en chef ».

Côté recommandations, on revient sur les films CaligulaPulsions et les récents coffrets Lady Yakuza et Pusher.

Côté livres, on recommande Gotlib, Mariana Enriquez, Elene Usdin et Daria Schmitt. Bref, c’est un très beau numéro !

Iron Lung

Iron Lung est moins un “film adapté d’un jeu” qu’un pied-de-nez : un créateur né sur YouTube qui autoproduit, pousse lui-même la diffusion en salles, et prouve qu’on peut encore contourner une industrie devenue frileuse, inflationniste, et obsédée par le contrôle.

Rien que pour ça, le film mérite d’exister. Surtout, il part d’une des meilleures idées pulp-cosmiques récentes : un condamné enfermé dans un sous-marin minuscule, perdu dans un océan de sang sur une lune morte, dans un univers sans étoiles.

C’est du high-concept brut, simple, sale, immédiatement évocateur. Mais le film n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’il raconte.

Il assure au début : montage nerveux, mise en scène qui bouge trop, sound design qui souligne au marqueur… alors que le sujet, c’est la solitude, l’épuisement, l’absurde.

Quand Iron Lung accepte enfin de ralentir et de faire confiance au huis clos, au noir, aux silences, à la répétition mécanique, il devient prenant et trouve une identité de cinéma.

C’est imparfait, parfois trop long, mais assez singulier pour aller le voir.

 

MIO : Memories in Orbit

Le jeu vidéo MIO s’inscrit dans la lignée des metroidvania modernes qui ont fait de l’exploration un langage sensible autant qu’un défi, quelque part entre la rigueur labyrinthique de Hollow Knight et l’approche plus picturale et contemplative de Ori and the Blind Forest.

Mais là où ces références s’appuient sur le souffle épique ou le mouvement, MIO choisit la retenue : un monde en ruines, qui se raconte par ses textures, ses silences et ses fragments de mémoire.

La narration se fait environnementale et le gameplay, volontairement exigeant, privilégie l’attention et la persistance plutôt que l’élan spectaculaire.

MIO: Memories in Orbit ne cherche pas à redéfinir le genre, mais à l’habiter autrement, avec une douceur mélancolique qui finit par s’imposer.

Swedish Machines

Le concept artist Simon Stålenhag poursuit son travail sur le futur que l’on pourrait rapprocher de ses livres précédents, sans pour autant les prolonger mécaniquement.

On retrouve dans ce livre illustré cette science très particulière du décalage avec des machines immenses, silencieuses, laissées à l’abandon dans des paysages suédois ordinaires, mais débarrassée de toute tentation narrative trop appuyée.

Là où Tales from the Loop flirtait avec le récit d’enfance et The Electric State avec la dystopie, Swedish Machines adopte une approche plus sèche, presque documentaire, proche de la photographie de lieux désertés ou du carnet d’arpentage.

Et dans cette retenue, Swedish Machines devient moins un livre de science-fiction qu’un travail sur la mémoire, la disparition et la manière dont la technologie finit par devenir paysage.

Si vous ne connaissez pas encore le travail de Stålenhag, nous vous recommandons de foncer !

 

Silent Jenny

Après avoir vendu plus de 400 000 exemplaires cumulés de Carbone & Silicium et de Shangri-La, Mathieu Bablet conclut sa trilogie de science-fiction avec Silent Jenny.

Cette fable écologique détonne par sa radicalité. On est transporté dans ce long récit de 300 pages, qui pourrait être une synthèse entre L’Aventure intérieure, La Cité des enfants perdusDeath StrandingDuneNausicaäVesper Chronicles ou encore Les Derniers Hommes de Pierre Bordage.

Un fragment d’humanité vit dans de grands vaisseaux roulants suite à un basculement climatique. Les insectes pollinisateurs ont apparemment disparu et Jenny, survivante de ce monde en ruines, part en quête des abeilles.

Silent Jenny est une odyssée postapocalyptique où des personnages détruits physiquement par la pollution se miniaturisent pour dénicher de l’ADN et sauver notre espèce. Le beau et le laid se mélangent tout comme le grand et l’infiniment petit.

Le Grenoblois innove narrativement en glissant aux lecteurs des cartes, des morceaux de journaux intimes, des instructions de manuel.

Comme le Frontier de Guillaume Singelin, l’album n’hésite pas à tendre vers le genre du hopepunk, en imaginant des communautés humaines qui font société d’une autre façon.

Une chose est sûre : Mathieu Bablet confirme qu’il est actuellement le meilleur auteur de science-fiction du 9e art.

Le Monde d'Arkadi

Enfin ! Après des années d’attente, Les Humanoïdes Associés viennent de publier une sublime intégrale du Monde d’Arkadi.

Alors qu’Arkhé et Laïlah étaient ressortis en 2021, nous attendions de pouvoir redécouvrir la grande œuvre de Caza.

Entre le planet opera et le récit postapocalyptique, Le Monde d’Arkadi est une série majeure de la science-fiction française, réalisée entre 1989 à 2008. 

Depuis 10 000 ans, la Terre a cessé de tourner sur elle-même, condamnant l’humanité à l’obscurité ou aux températures extrêmes.

Certains survivent dans de grandes enceintes où des robots sont élevés au rang de divinités. D’autres vivent à l’extérieur des cités, là où la violence règne.

Le lecteur suit le chemin initiatique d’Arkadi dans ce monde dévasté.

Pour le scénariste Serge Lehman, auteur de la préface de cette intégrale, la série est une « synthèse parfaite des grandes sagas de la science-fiction – on pense à Jack Vance, Stefan Wul, Roger Zelazny – et de l’art pyrotechnique développé par Caza au fil des décennies ».

Lisez Caza, on vous le dit !

 

Le Déluge

Si vous avez aimé Le Ministère du Futur de Kim Stanley Robinson, alors Le Déluge de Stephen Markley est fait pour vous.

Après avoir remporté le Grand Prix de La Littérature américaine pour Ohio, le natif du Midwest propose une œuvre d’anticipation puissante et fascinante qui dépeint un avenir proche ravagé par des crises écologiques, économiques et technologiques.

Cette fresque apocalyptique de près de 1000 pages s’inspire largement du livre de Stephen King Le Fléau dans sa façon de dépeindre la fin du monde.

Plutôt que les événements cataclysmiques soudains, il raconte une lente dérive vers le chaos. Grâce à une narration complexe et des personnages variés — du scientifique au militant écoterroriste —, Stephen Markley tisse un récit terrifiant.

C’est le roman de science-fiction incontournable de cette année 2024 avec La Maison des Soleils d’Alastair Reynolds.

Dawnrunner

Dawnrunner est une récente série de SF qui combine combats de mechas épiques et univers visuel très riche, rappelant Evangelion ou Pacific Rim.

Connu pour son travail exceptionnel sur Toutes les morts de Laila Starr, Ram V y invente un futur où l'humanité affronte des créatures extraterrestres, les Tetza, à l'aide d'immenses robots appelés Iron Kings.

La pilote d’élite Anita Marr se retrouve aux commandes du nouveau modèle Dawn Runner. Sa vie bascule alors...

Avec une narration parfaitement équilibrée et des scènes d'action dantesques dessinées par Evan Cagle, Dawnrunner a le potentiel pour devenir incontournable chez les fans de mechas.

 

Le Robot Sauvage

Qui aurait cru que le studio DreamWorks produirait l’un des meilleurs films de science-fiction de l’année ?

Le Robot Sauvage, réalisé par Chris Sanders, est une pépite visuelle qui marie émotion et poésie. Adapté du roman de Peter Brown, il raconte l'histoire de Roz, un robot perdu sur une ile abandonnée.

Conçue initialement pour servir les humains, la machine commence à parler et à pactiser avec les animaux sur place. Sa mission est d’arriver à faire voler un oisillon pour qu’il rejoigne la grande migration.

Drôle et réjouissant, Le Robot Sauvage garde un esprit proche de certains romans juvéniles de l’âge d’or de la science-fiction.

On apprécie aussi les paysages impressionnistes, loin du réalisme habituel, ainsi que les excellentes séquences d’action. Ce mélange entre Le Géant de Fer et Wall-E est une très belle surprise, à voir en famille.

Final Fantasy, histoire d'une saga

On a participé à un autre podcast ! L’évènement est rare pour être signalé, mais on a voulu soutenir l’ami Pierre-William Fregonese (spécialiste du Japon) que nos auditeurs connaissent bien.

Notre universitaire de Kobé a été missionné par le Programme B de Binge Audio pour explorer l’impact de Final Fantasy en France et ailleurs.

Cette série de trois épisodes évoque évidemment le mythique Final Fantasy VII.

On a rejoint Julie le Baron, Gautoz et Thierry Falcoz pour analyser cette franchise, combinant les influences japonaises et occidentales, qui a façonné de nombreux imaginaires.

De ses récits épiques à ses moments plus absurdes, Final Fantasy a su captiver par son mélange unique de science-fiction et de fantasy, au point de devenir un véritable reflet des aspirations et des préoccupations de toute une génération.

On intervient dans le second épisode pour évoquer le sous-genre de la science-fantasy et la grande Ursula K. Leguin.

 

Découvrez toutes nos autres recommandations des meilleures œuvres de science-fiction.

Précédent
Précédent

Rencontre exclusive avec Christian Volckman, le réalisateur de Renaissance

Suivant
Suivant

Pas facile de faire naître des succès en science-fiction dans les librairies