Pas facile de faire naître des succès en science-fiction dans les librairies
Depuis quelques temps, la science-fiction ne va pas très bien, à l’inverse de la fantasy et de l’horreur.
© Gibert
Selon nos confrères de Livres Hebdo : “La croissance de 2,4 % du marché (imaginaire), qui pèse 92 millions d'euros sur la période de juillet 2024 à juillet 2025, est portée par la fantasy et le fantastique (+ 9 %), quand la SF chute de 12 %.”
Si nous regardons les meilleures ventes en science-fiction, on est peu surpris par le top des ventes : Chien 51 (publié en 2021), Le Problème à Trois Corps (sortie 2016), La Horde du Contrevent (2004), Le Meilleur des Mondes (1932), Fahrenheit 451 (1966), Des Fleurs pour Algernon (1966), Dune (1965), La Planète des Singes (1963), Fondation (1942-1944).
Les classiques dominent encore massivement les ventes. Vous me direz c’est normal, ce sont des chefs d'œuvres littéraires.
Du côté de nos contemporains, seuls Alain Damasio, Liu Cixin, Laurent Gaudé (auteur pourtant de littérature générale et non d’imaginaire) et Bernard Werber sont identifiés et connaissent le succès, avec une moyenne d’âge de 50 à 60 ans.
Où sont les jeunes ? Où sont les femmes ? Pourquoi est-il si difficile de connaître un engouement éditorial quand on fait de la science-fiction ?
Quid de la responsabilité des éditeurs spécialisés (rappelons que les années 2010 ont été dominées éditorialement par Actes Sud, qui s’est lancé dans la SF presque en dilettante mais porté par le talentueux Manuel Tricoteau) ?
Alors que le genre est omniprésent au cinéma, sur les plateformes de streaming, dans les jeux vidéo et in fine dans l’actualité, toutes ces questions doivent se poser pour renouveler un courant littéraire que nous adorons tous.