Hommage à Dan Simmons, un maître de la SF
Après Pierre Bordage, un autre géant de la science-fiction nous a quitté. Dan Simmons, l’auteur de la formidable saga Le Cantos de l’Hypérion, est décédé dans le Colorado.
© Dan Simmons - Hachette Book Group
Disparition d’un grand virtuose du space opera.
Le natif de l’Illinois en 1948 a marqué de son empreinte la SF, mais aussi le fantastique, avec L’Échiquier du Mal, et l’horreur avec The Terror.
Il commence dans un atelier d’écriture organisé par le maître novelliste Harlan Ellison, et il est repéré avec son texte Le Styx coule à l’envers.
Tout comme Pierre Bordage, il est l’un des rares auteurs de SF à connaître un succès qui dépasse le public habituel du genre grâce à Hypérion, véritable tour de force conceptuel.
« Imprégnée de spiritualité et baignée à la fois d'un souffle épique exceptionnel et d'une véritable finesse psychologique à travers la description du parcours singulier de chacun des sept pèlerins, la saga phénomène a été récompensée par un Prix Hugo et trois Prix Locus », précise Jean-Louis Fetjaine dans son excellent La Science-Fiction pour les Nuls.
Hypérion est souvent cité comme l’un des plus grands textes de l’histoire de science-fiction, au même titre que Dune ou Fondation.
Preuve de la portée de son œuvre, les trois plus grands médias quotidien français (Le Monde, Le Figaro et Libération) ont tous rédigé une nécrologie originale et non reprise par l’AFP.
Dan Simmons a connu un désamour notable d’une partie du fandom français suite à un virage idéologique ultraconservateur post-11 septembre.
Son sympathique et talentueux traducteur Jean-Daniel Brèque en fera part dans un texte impressionnant où il annonçait sa décision de ne plus traduire Dan Simmons.
Quasiment l’intégralité de son œuvre est à retrouver aux éditions Pocket.
Nos recommandations des meilleures œuvres de science-fiction en mars 2026
Métal Hurlant n°18 spécial Transhumanisme
Comme beaucoup le savent, j’ai l’immense chance d’être rédacteur en chef adjoint de la revue culte Métal Hurlant depuis 2023.
Ce nouveau numéro se concentre sur la thématique du transhumanisme. Vous y trouverez des histoires sympathiques et internationales comme celle du slovaque Branko Jelinek, du russe Nikola Pisarev ou encore de l’américain R.L. Black.
Évidemment, je suis obligé de vous parler de ma partie : le rédactionnel. L’interview de Paul Verhoeven, qui revient longuement sur Robocop, est passionnante !
Les amateurs d’électro trouveront une grande enquête sur le label Because Music qui s’occupe de promouvoir des groupes comme Justice.
On a interrogé le gourou de la Silicon Valley Nick Bostrom, surnommé « le pape du transhumanisme » ou « le transhumaniste en chef ».
Côté recommandations, on revient sur les films Caligula, Pulsions et les récents coffrets Lady Yakuza et Pusher.
Côté livres, on recommande Gotlib, Mariana Enriquez, Elene Usdin et Daria Schmitt. Bref, c’est un très beau numéro !
Iron Lung
Iron Lung est moins un “film adapté d’un jeu” qu’un pied-de-nez : un créateur né sur YouTube qui autoproduit, pousse lui-même la diffusion en salles, et prouve qu’on peut encore contourner une industrie devenue frileuse, inflationniste, et obsédée par le contrôle.
Rien que pour ça, le film mérite d’exister. Surtout, il part d’une des meilleures idées pulp-cosmiques récentes : un condamné enfermé dans un sous-marin minuscule, perdu dans un océan de sang sur une lune morte, dans un univers sans étoiles.
C’est du high-concept brut, simple, sale, immédiatement évocateur. Mais le film n’est pas toujours à la hauteur de ce qu’il raconte.
Il assure au début : montage nerveux, mise en scène qui bouge trop, sound design qui souligne au marqueur… alors que le sujet, c’est la solitude, l’épuisement, l’absurde.
Quand Iron Lung accepte enfin de ralentir et de faire confiance au huis clos, au noir, aux silences, à la répétition mécanique, il devient prenant et trouve une identité de cinéma.
C’est imparfait, parfois trop long, mais assez singulier pour aller le voir.