Nos recommandations de science-fiction en avril 2026

 

Pas facile de faire naître des succès en science-fiction dans les librairies.

© Gibert

 

Depuis quelques temps, la science-fiction ne va pas très bien, à l’inverse de la fantasy et de l’horreur.

Selon nos confrères de Livres Hebdo : “La croissance de 2,4 % du marché (imaginaire), qui pèse 92 millions d'euros sur la période de juillet 2024 à juillet 2025, est portée par la fantasy et le fantastique (+ 9 %), quand la SF chute de 12 %.”

Si nous regardons les meilleures ventes en science-fiction, on est peu surpris par le top des ventes : Chien 51 (publié en 2021), Le Problème à Trois Corps (sortie 2016), La Horde du Contrevent (2004), Le Meilleur des Mondes (1932), Fahrenheit 451 (1966), Des Fleurs pour Algernon (1966), Dune (1965), La Planète des Singes (1963), Fondation (1942-1944).

Les classiques dominent encore massivement les ventes. Vous me direz c’est normal, ce sont des chefs d'œuvres littéraires.

Du côté de nos contemporains, seuls Alain Damasio, Liu Cixin, Laurent Gaudé (auteur pourtant de littérature générale et non d’imaginaire) et Bernard Werber sont identifiés et connaissent le succès, avec une moyenne d’âge de 50 à 60 ans.

Où sont les jeunes ? Où sont les femmes ? Pourquoi est-il si difficile de connaître un engouement éditorial quand on fait de la science-fiction ?

Quid de la responsabilité des éditeurs spécialisés (rappelons que les années 2010 ont été dominées éditorialement par Actes Sud, qui s’est lancé dans la SF presque en dilettante mais porté par le talentueux Manuel Tricoteau) ?

Alors que le genre est omniprésent au cinéma, sur les plateformes de streaming, dans les jeux vidéo et in fine dans l’actualité, toutes ces questions doivent se poser pour renouveler un courant littéraire que nous adorons tous. 

 

Nos recommandations des meilleures œuvres de science-fiction en avril 2026

 

Metal Hurlant : Lovecraft Vintage

Après avoir dépassé les 50 000 exemplaires avec notre spécial Lovecraft, Métal Hurlant revient dans l’univers du natif de Providence.

Nous republions de nombreuses vieilles histoires réalisées par des grands maîtres de la bande dessinée.

Alberto Breccia, Enki Bilal, Philippe Druillet, Moebius, Loisel, Yves Chaland, Jean-Michel Nicolet, Caza, Serge Clerc, Philippe Foerster, Nicole Claveloux : tous les anciens de Métal Hurlant, première génération, sont de la partie.

Côté rédactionnel (ma mission au sein du journal), nous vous proposons une belle diversité de sujets. Thomas Spok livre un guide de lecture lovecraftien, Laurent Folliot évoque sa mission Lovecraft pour La Pléiade.

L’immense illustrateur britannique Ian Miller sort de sa retraite pour un passionnant entretien. Nous avons aussi recueilli le témoignage du japonais Gou Tanabe pour une interview spéciale sur son travail aux éditions Ki-oon.

L'inénarrable Claude Ecken analyse le travail graphique de l’oublié Virgil Finlay, tandis qu’Alex Nikolavitch revient sur le pavé Druillet-Lovecraft.

Enfin, le journaliste Nicolas Denescheau publie une grande enquête pour raconter comment le jeu vidéo lovecraftien The Shrinking City a été réalisé en Ukraine sous les bombardements russes.

C’est l’un des meilleurs numéros de Métal Hurlant que j’ai pu diriger. Foncez !

Project Hail Mary

Project Hail Mary (Projet Dernière Chance en VF)  fait partie de ces films qui nous rappellent pourquoi nous aimons la SF au cinéma.

Quelque part entre Interstellar et E.T., avec un fond de Seul sur Mars. Ce qui n'est pas un hasard puisque c'est dû au même auteur, Andy Weir.

Un homme seul dans l'espace, amnésique, qui doit sauver le soleil. Et surtout une amitié avec une créature-araignée-rocher venue du fond de la galaxie, qui vole littéralement la vedette à Ryan Gosling.

Ce qui frappe, c'est que les réalisateurs Phil Lord et Chris Miller ont fait des choix d’artisans. Rocky n'est pas un personnage en CGI, c'est de la marionnette, du vrai travail de créateur de créatures. Et ça se sent à chaque plan !

Il y a une chaleur, une présence physique que l'animation pure n'aurait pas donnée. Greig Fraser à la photo (DuneThe Batman) fait le reste.

C'est un peu long, parfois trop gentil. Mais dans un paysage de blockbusters SF qui ressemblent de plus en plus à des démos technologiques, Project Hail Mary a quelque chose de rare : il vous touche vraiment et se concentre sur l’entre-aide.

Malgré des longueurs et des références un peu pataudes à 2001, l’Odyssée de l’Espace, ce long-métrage qu’on attendait pas spécialement transpire bien la science-fiction, avec une excellente Sarah Hüller, un peu à contre-emploi.

 

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